REGARD(E)

Travaux photographiques de personnes évoluant dans un lieu de soins psychiatriques

Regard(e) est un projet conjointement initié par Brigitte Ouhayoun (Cheffe de pôle psychiatrie Dépendance Réhabilitation au GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences), Margot Morgiève (chercheuse en sciences sociales) et Arnaud Perrel (photographe) afin d’accompagner des personnes présentant des troubles psychiatriques sévères et des professionnels de santé pour leur permettre de réaliser une exposition
photo sur leur vision du monde. (8 patients et 4 soignants)
Ce projet s’étalera sur un an. Les participants suivront tout d’abord un cycle de formation collective à la photographie, puis un cycle d’entretiens individuels leur permettant de cerner leurs envies et de les transmettre en propos photographiques et pour terminer un cycle commun d’editing et de conception de la scénographie finale.
En parallèle, seront menées des interviews des participants, afin de collecter l’évolution de leurs ressentis sur l’ensemble du projet.

Le vernissage est prévu pour Novembre 2021, au 100ecs (100 rue de Charenton).
L’exposition durera les mois de Novembre et Décembre. Durant ce mois, seront organisés des débats, des conférences et des évènements artistiques autour de la Psychiatrie.
Il nous apparait primordial de faire de ce projet un outil de communication pour aider à la déstigmatisation.

1% de la population est atteinte de schizophrénie, 2% de bipolarité, et plus généralement, une personne sur quatre -selon l’OMS- présente des troubles mentaux…

Si on y ajoute l’entourage proche de ces personnes, on peut facilement arriver à la conclusion que presque tout le monde est concerné.

Cependant, qui connait vraiment ces désordres ? Qui sait ce que vivent ces personnes ? Et, bien qu’on constate des améliorations, qui est prêt
à les accepter dans notre société ?
Se pose, dès lors, la question du regard (et même des regards). Le regard que nous posons sur eux mais aussi, le regard qu’ils portent sur eux-mêmes.

Il nous semble que l’art permet de changer notre regard sur le monde et sur nous-même. Il est, depuis que l’homme existe, un moyen de transmettre ce que la parole seule ne peut véhiculer.
La photographie est avant tout l’art de l’altérité. Elle oblige aussi bien le photographe que le spectateur à être en contact avec l’autre ; et apparait dès lors notre rapport à lui.

En définissant un cadre, le photographe définit ce qu’il donne à voir et ce qu’il laisse à l’imaginaire de l’autre. C’est aussi bien ce champ que ce hors-champ qui va définir son regard sur le monde.

Les patients et les professionnels de santé les accompagnant seront les artistes de cette exposition.
Les entretiens et leurs rendus, serviront à témoigner de leurs expériences et de l’évolution de leurs points de vues.

Au delà d’un bienfait thérapeutique, il est ici question de la nécessité de leur offrir un moyen d’expression.
Cela est nécessaire pour eux mais aussi, et surtout peut-être, pour nous.